Bonsoir à toutes et à tous,

La première chose que j’ai envie de dire c’est merci, des centaines de fois mercis !

Merci à toi, chère Fatima Ouassak, d’être venue porter ta vision chez tes voisins montreuillois, d’être venue nous renforcer dans nos convictions : l’écologie sera partagée, elle sera l’affaire de tous… ou alors elle n’existera pas !

Merci à vous deux, cher Julien Bayou, Secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts et cher Raphaël Glucksmann, fondateur de Place Publique et député européen : j’imagine combien vos agendas doivent être surchargés en ces temps de fin de campagne, combien toutes les candidates et tous les candidats doivent vous solliciter en ce moment …

et je voulais tout simplement vous dire en retour toute notre gratitude et combien votre présence à nos côtés est importante pour nous. Elle nous donne un peu plus de pêche pour ces derniers jours de campagne.

Et puis merci à tous les artistes que nous avons eu le plaisir d’écouter :

les jeunes Roms : je sais qu’ils et elles ont répété avec beaucoup de sérieux pour nous offrir le spectacle de ce soir ;

à Niama, notre chère griotte qui nous accompagne depuis le début de la campagne ;

– et merci bien sûr au groupe Kalune qui a eu la gentillesse de se rendre disponible pour cette belle soirée.

Mais aussi, merci à vous toutes et tous, qui êtes là !

Grâce à vous, il se passe quelque chose de très important ce soir, j’en ai la conviction profonde : la grande famille de l’écologie, de la gauche qui a compris les enjeux de la transition écologique, elle est là, elle est rassemblée ici !

C’est celle qui innove, qui ose, qui se tend la main par delà les différences culturelles ou socio-économiques et qui porte ses valeurs de façon à la fois joyeuse et sérieuse, de façon radicale et constructive.

C’est une évidence pour nous tous qui sommes en campagne depuis des semaines : cette grande famille apprend à se connaître, elle prend de plus en plus de plaisir à être ensemble et elle se renforce de jours en jours.

J’en suis profondément émue, j’en mesure aussi toutes les responsabilités. Et c’est ce qui m’amène, ce soir, à prendre devant vous une série d’engagements.

 

  • Premier engagement : nous allons enclencher la transition écologique à grande échelle

Maintenant ! Dans notre ville, dans notre territoire d’Est Ensemble, en coopération avec nos voisins (de Paris comme du 93) et en n’oubliant pas les territoires plus lointains.

Je pense par exemple aux territoires avec lesquels nous avons une histoire longue de coopération et d’amitié – le Cercle de Yélimané au Mali, la région de Bismil au Kurdistan, la Palestine, mais aussi la ville de Cottbus en Allemagne.

Et je pense aussi à des territoires plus proches, agricoles, en France métropolitaine, avec lesquels nous souhaitons enclencher des coopérations, afin de soutenir l’agriculture paysanne bio, pour procurer des fruits et légumes bio, de qualité, à toutes les familles montreuilloises, quels que soient leurs moyens financiers.

Ce premier engagement est fondamental. L’heure n’est plus aux

« petits pas », mais à l’action d’envergure.

L’été dernier, il faisait + de 42° dans nos rues et les scientifiques du GIEC ont calculé que d’ici une vingtaine d’années, ces canicules risquaient de dépasser les 50° ! Le réchauffement climatique ne peut plus être nié.

Nous avons déjà ressenti combien il était suffocant de vivre ces canicules dans nos quartiers et il est de notre devoir collectif de faire tout ce que nous pouvons pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sur notre territoire.

En parallèle, il est aussi de notre devoir collectif de préparer notre ville sans plus attendre aux grands bouleversements qui sont déjà à l’œuvre. Plus de 42° : c’est difficile à supporter, mais vous conviendrez que c’est plus facile si l’on se trouve à l’ombre de grands arbres, que sur une dalle en béton au pieds d’immeubles mal isolés.

Nous mettrons en œuvre sans plus tarder un « plan Canopée », avec la plantation de 500 arbres / an et nous démultiplierons les rénovations de logements et d’équipements publics en sollicitant toutes les aides financières possibles. Et nous commencerons par les écoles !

Nous enclencherons un plan pluriannuel de rénovation de nos écoles, en commençant par celles de nos quartiers du haut, afin que d’ici 10 ans, elles soient toutes agréables à fréquenter, même par 42° à l’ombre !

 

  • Deuxième engagement : pour nous, transition écologique = justice sociale ! 

Il paraît que Montreuil est une chance … La vraie question est : pour qui ?

Je ne suis pas certaine que les habitants des Morillons et de Théophile Sueur, loin de tout transport en commun présentant une fréquence raisonnable ; que celles et ceux des Ramenas ou de la Boissière qui vivent en plein chantier depuis des mois et voient les prix des logements s’envoler furieusement ; ou celles et ceux de La Noue qui n’en finissent plus d’attendre un pôle commercial digne de ce nom … je ne suis pas certaine qu’ils ressentent tous la « chance » d’habiter à Montreuil.

Dans les rencontres de quartiers que nous avons développées depuis des semaines, ils nous ont même dit l’inverse !

Pour nous, l’écologie doit être au cœur des réponses à apporter de façon urgente à la crise sociale.

L’écologie ne peut pas être un luxe réservé à celles et ceux qui ont des moyens confortables. C’est une compréhension du monde, de sa course folle et mortifère, qui doit permettre d’agir pour plus de justice, plus d’égalité et une qualité de vie décente pour tous !

Oui, nous sommes pour la réduction de la voiture en ville, et même de sa suppression quand il s’agit de vieux véhicules au diesel !

Parce qu’en premier lieu, ce sont les enfants des quartiers les moins favorisés par leur environnement – ceux qui se trouvent par exemple en bordure d’autoroute – qui souffrent de multiples problèmes respiratoires.

Et nous nous battrons pour obtenir les aides suffisantes pour que chacun.e puisse trouver un transport en commun à sa convenance ou une solution de remplacement pour son vieux véhicule.

Oui nous sommes pour le bio et une option végétarienne à la cantine et dans toutes les assiettes ! Ce sont aussi les enfants des familles les plus modestes qui souffrent de malbouffe et se trouvent aujourd’hui en situation d’obésité. Les médecins nous parlent « d’épidémie » d’obésité infantile …

Nous travaillerons à mettre en place les solutions pour que chaque famille puisse accéder à de l’alimentation de qualité. Et nous le ferons avec toutes celles et tous ceux qui entreprennent dans ce domaine : les jardins partagés, les AMAP, les restaurateurs engagés, les enseignes bio, les coopératives paysannes avec lesquelles nous nouerons des partenariats.

Oui, nous sommes pour l’abandon de l’électricité nucléaire et par son remplacement par des sources d’énergie renouvelable.

En complément de la menace insensée que fait porter cette énergie sur des générations et des générations, c’est une énergie à l’efficacité médiocre. Les fameux « grille-pains » électriques, alimentés par cette source d’énergie, qui se trouvent dans nombre de copropriétés dites « sociales » n’apportent aucune chaleur de qualité dans les logements !

Les ingénieurs énergéticiens parlent de chaleur « froide »…

Et comme les dettes dues au nucléaire s’accumulent chez EDF, c’est au final le contribuable et les consommateurs qui sont amenés à payer la facture.

Aujourd’hui ce coût de l’énergie pèse de plus en plus et les ménages s’endettent pour tenter de régler leurs factures de chauffage. Au final, elles doivent choisir entre se chauffer et acheter à manger ! Plus de 30 % des familles montreuilloises se trouvent aujourd’hui en situation de précarité énergétique… À l’inverse, la géothermie permet par exemple de garantir les prix du chauffage sur plus de 10 ans…

 

  • Troisième engagement : la transition écologique doit être créatrice d’un bel avenir pour les jeunes! 

Il faut en convenir : il n’est pas facile d’avoir 15, 20 ou 30 ans en ce début du XXIè siècle ! Les plus jeunes d’entre nous, qui passent de longs moments de la journée à être connectés avec le monde entier, vivent en permanence au milieu d’informations très angoissantes. Et leur quotidien, ici en Ile-de-France, n’est pas simple non plus.

Parcours soi-disant « Sup » qui se transforme souvent en parcours de l’angoisse ou du combattant pour les familles de Seine-Saint-Denis ; dispositifs d’orientation surchargés et inefficaces ; coût des logements qui rend très difficile de prendre son indépendance à l’âge adulte ; chômage qui touche près d’un jeune sur deux dans nos quartiers les plus excentrés… l’entrée dans la vie adulte est longue et rude.

D’autant plus quand les images vues sur les chaînes d’infos sont celles du dérèglement climatique aux quatre coins de la planète et qu’au fond, ce que l’on propose actuellement aux jeunes, c’est de grandir avec l’effondrement et l’apocalypse comme seules perspectives.

La mère – la Maman – que je suis, ne peut pas se résoudre à cet avenir, pas plus pour ma fille, que pour tous les plus jeunes, pour tous nos enfants.

Notre responsabilité, la plus belle, la plus essentielle, est de nous battre aux côtés de tous les jeunes, de tous les enfants, pour inverser cette spirale effrayante et construire avec eux, pour eux, un futur désirable.

La transition écologique est une formidable levier pour recréer des filières de formation de qualité, permettant d’accéder à des métiers non délocalisables, durables, valorisants.

Dans les secteurs de l’énergie, de la rénovation des bâtiments, de la gestion de l’eau en milieu urbain, de la nature en ville, de l’alimentation, des mobilités douces, de la santé, de la valorisation des déchets… il y a des filières de formation à créer ou à renforcer, des parcours d’insertion à construire… et, au final, des métiers à apprendre et à faire grandir tout au long d’une vie de travail.

En parallèle, il faut aussi bien sûr des lieux pour étudier tranquillement, pour se retrouver, siroter un jus ou un café et discuter à n’en plus finir avec les copains. Nous avons déjà le café la Pêche pour les concerts et la restauration, nous prévoyons d’étudier l’ouverture d’autres lieux à son image à la Noue et au Morillon, et voulons faciliter l’ouverture de salles municipales, par exemple dans les bibliothèques ou certains préaux d’écoles, le week-end et certains soirs.

Et si nous pensons qu’il faut laisser aux jeunes des espaces de liberté qu’elles et ils pourront s’approprier à leur convenance, nous voulons aussi mettre à leur disposition des projets qu’ils pourront intégrer selon leurs souhaits.

Projets sportifs avec un Pass Sport permettant de découvrir toutes les activités sportives proposées dans la ville, ou avec un chèque sport pour payer la première année de licence dans un club ;

projet culturel avec, par exemple, le festival « Montreuil Hybride », éco-festival transdisciplinaire et transnational, permettant de faire se rencontrer de jeunes artistes de tous les continents.

Les idées sont nombreuses et je suis certaines qu’elles continueront à fleurir dans les mois qui viennent.

 

  • Quatrième engagement : nous voulons rendre du pouvoir aux citoyens ! 

Nous sommes toutes et tous confronté.e.s à une triple crise : écologique, sociale et démocratique.

Du reste, si vous me permettez une petite digression d’échelle nationale, la crise démocratique vient de franchir très récemment une nouvelle étape avec cette réforme des retraites soumise au fameux amendement 49-3, qui ferme toute possibilité de débat au sein de notre première instance démocratique : l’Assemblée Nationale. Le peuple ne veut pas d’une réforme, il a compris qu’elle était très mal ficelée… et bien tant pis, on la lui impose ! C’est la démocratie que l’on musèle, lentement, mais sûrement. Je ferme la parenthèse.

La seule façon, nous en sommes convaincu.e.s, de trouver des remèdes durables à cette triple crise, est de proposer de trouver ensemble les réponses aux situations que nous vivons.

Nous ne pouvons continuer à vivre en face à face : habitants mécontents et se sentant exclus des décisions importantes pour la vie de la cité d’un côté ; fonctionnaires du service public pris entre deux feux (celui des habitants et celui des élus) et élus inquiets et isolés dans ce que certains appellent « Le Château » et qui normalement, est plutôt la Maison du peuple. C’est à dire : ici !

Trois exemples : les déchets. Personne n’est satisfait de la situation dans nos rues. Ni les habitant·es, ni les élu·es, ni les agent·es du service public. Le seul moyen pour nous tous, collectivement, de nous en sortir est de s’unir dans une grande volonté commune : en 6 ans, rendre notre ville propre !

Il faudra travailler ensemble citoyen·nes, agents, entreprises, commerçants. Mais nous devons y arriver !

Autre exemple : l’ouverture des bars et restaurants tard le soir dans certaines de nos rues. Nous organiserons les Assises de la Nuit.

Et nous y inviterons les commerçants, les riverains, les consommateurs concernés et les services de la ville. Nous n’aurons pas le choix : il nous faudra trouver des solutions de cohabitation harmonieuse entre tous, sauf à accepter que la situation se dégrade et que les incivilités augmentent, trainant derrière elles leurs lots de violence. Ce que nous refusons !

Enfin, troisième exemple : celui de quartier en grande difficulté. Prenons le Morillon. Nous y lancerons l’expérimentation d’une « Table de quartier », comme au Québec. C’est un outil de participation citoyenne, qui donne aux habitants la possibilité de prendre la parole, d’avoir accès à toutes les informations utiles et de décider ensemble quelles améliorations apporter à leur quartier. Les élus et les services seront alors uniquement là en appui à la réalisation des projets identifiés comme prioritaires.

Dans les prochaines années, notre ville va vivre de profonds bouleversements dont nous ne voyons que les débuts. Je pense par exemple à l’arrivée des stations de métro de la ligne 11 dans le haut Montreuil, mais aussi à celle du tramway T1 – qui s’arrêtera toutefois au SMR, rue de Rosny. Et je pense aussi au changement climatique qui va nous obliger à des efforts d’adaptation rapides.

Si l’on juxtapose ces réalités avec celles d’un appauvrissement de certains quartiers et d’un accroissement des richesses dans d’autres, tout est réuni pour que la situation devienne explosive. Je ne m’y résous pas.

Nous ne pouvons nous y résoudre !

Alors ce que nous vous proposons, en votant pour notre liste, « Montreuil, l’écologie aux responsabilités » le 15 mars prochain, c’est tout simplement de prendre notre destin en mains.

Ensemble ! C’est à cette condition là uniquement, que nous parviendrons à faire vivre ce que nous souhaitons.

Montreuil est riche de ses diversités sociales et culturelles. Riche du dynamisme de sa jeunesse, de la créativité de toutes celles et tous ceux qui entreprennent dans tous les domaines, avec un enthousiasme fécond.

Riche de ses histoires – horticole, maraîchère, ouvrière, manufacturière, artistique. Riche de ses luttes et engagements dans l’Histoire de notre pays. Riche également de sa tradition d’accueil des populations migrantes. Elle a donc en son cœur tout ce qu’il faut pour nous aider à relever les extraordinaires défis qui sont devant nous.

Je vous propose que nous relevions ces défis ensemble !

Un mot avant de nous quitter : je vous demande de remercier les agents du service public qui nous ont permis de nous retrouver dans cette grande salle des fêtes ce soir.

Rendez-vous le 15 mars au soir, ici même 

 

 

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