Montreuil est la 2e ville de Seine-Saint-Denis et la 5e ville d’Île-de-France. Elle fait partie intégrante de la Métropole du Grand Paris (9 millions d’habitant·es), dont elle est presque l’épicentre puisqu’elle se situe aux frontières de Paris, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis.

Depuis 2010, Montreuil fait partie des 9 villes qui ont fondé la communauté d’agglomération Est Ensemble (CAEE), avec Pantin, Bagnolet, Les Lilas, Le Pré, Bondy, Romainville, Noisy-le-Sec et Bobigny, pour une population qui atteint désormais les 418 000 habitants. Cette création a entraîné le transfert de nombreuses compétences vers Est Ensemble (aménagement et protection de l’environnement, développement économique, emploi et insertion, politique de la ville, gestion des déchets, gestion de certains équipements sportifs et culturels…) dont la gouvernance est assurée par des élu-e-s issu-e-s des villes, sous la présidence de Gérard Cosme (depuis 2012). En 2015, la CAEE est devenue un Établissement public territorial (l’EPT 9 Est Ensemble) de la Métropole du Grand Paris. Ce qui ne change rien à notre profonde conviction : l’avenir de Montreuil se joue aussi au sein du Grand Paris. Nous devons donc construire ensemble une vision d’avenir du territoire et penser les coopérations à toutes les échelles (quartier, ville, intercommunalité, département, métropole et région).

Les écologistes ont joué un rôle utile et constructif dans la création d’Est Ensemble. Si Dominique Voynet a joué un rôle moteur au cours du 1er mandat (seule maire écologiste du territoire), en favorisant la recherche du consensus et la représentation des petites villes, l’ensemble des écologistes d’Est Ensemble partagent la nécessité de travailler à l’échelle intercommunale et métropolitaine pour améliorer et renforcer les politiques publiques de transition écologique et solidaire. Les sujets de gestion publique de l’eau, de péréquation financière, de lutte contre la pollution ou les inégalités démontrent bien qu’il faut dépasser les frontières administratives pour résoudre les problématiques du Grand Paris. C’est aussi le cas en matière d’aménagement durable, de mobilités, de politique de l’habitat, de protection de l’environnement, mais aussi de développement économique et social ou de péréquation financière (partage des ressources fiscales entre les territoires les plus riches et favorisés et ceux qui ont moins de recettes car moins d’entreprises ou plus de ménage précaires).

Les échelons intercommunal, métropolitain et régional doivent pleinement intégrer les enjeux de transition écologique et solidaire, tout en garantissant un fonctionnement démocratique et cohérent avec nos valeurs (lisibilité pour les électeurs, participation des citoyens aux grandes décisions, représentation des différentes sensibilités politiques, élections au suffrage universel direct des principaux dirigeants, transparence sur les décisions prises et le mode de fonctionnement des institutions, gestion rigoureuse des fonds publics, limitation du cumul des mandats…etc).

Dans ce contexte, nous avons travaillé avec les écologistes du Grand Paris et d’Est Ensemble pour proposer un projet cohérent et des actions que nous voulons mettre en œuvre à ces niveaux. Notre conférence de presse du vendredi 28 février à Arcueil sera l’occasion de dévoiler nos propositions pour la Métropole du Grand Paris. Cet article vise à présenter les orientations et propositions des candidats écologistes (EELV) pour Est Ensemble.

  1. Pour une gouvernance plus démocratique

Sur la base d’un constat partagé de crise de la gouvernance à Est Ensemble (faible implication de certains élus qui conduit à l’absence de quorum à de nombreux conseils de territoire), nous partageons la volonté de nous donner les moyens de travailler à l’échelle des 9 villes du territoire afin de renforcer les coopérations intercommunales.

Pour se faire, nous proposons de :

  • Remettre à plat la gouvernance d’Est Ensemble, le rôle du bureau des Maires, les moyens alloués au bon fonctionnement démocratique de l’EPT,

  • Améliorer dans nos villes l’information sur l’action d’Est Ensemble, notamment avec un temps fort annuel dans chaque ville sur des sujets territoriaux (forum citoyen annuel)

  • Relancer le conseil de développement afin d’associer les associations et acteurs du territoire à la gouvernance de l’EPT

  • Remettre en place des commissions thématiques pour renforcer le travail entre les élus et l’administration

  • Veillez au conditions de travail des fonctionnaires territoriaux, notamment en matière d’encadrement des personnels dans les équipements culturels et sportifs

  • Renforcer la démocratie participative à l’échelle d’Est Ensemble, avec un budget participatif (sur une compétence bien précise) et la mise en place d’outils de démocratie numérique (proposition de vœux, droit d’interpellation, référendum d’initiative locale)

  • Proposer une évolution de la commission consultative des services publics locaux (CCSPL) qui permettent une meilleure association des habitants et usagers

 

 

  1. Une politique d’aménagement durable du territoire

La compétence aménagement à l’échelle d’Est Ensemble doit permettre de construire une cohérence et une vision partagée de ce que sera la ville de demain. Résilience, respect du vivant, lutte contre les effets d’îlots de chaleur urbain, solidarités, accès à la nature rééquilibrage est-ouest du Grand Paris… sont les objectifs communs que nous nous fixons. Notre futur éco-territoire doit protéger les plus précaires, premières victimes des dérèglements climatiques. Tout projet d’aménagement ou de réforme urbanistique sera examiné à l’épreuve de son empreinte écologique, de son impact climatique.

Construire une ville de la proximité, apaisée et vivante 

  • Systématiser la mixité fonctionnelle au sein des projets urbains pour rapprocher emploi et travail et sortir de la logique de zonage source d’étalement. Réintroduire des rez-de-chaussée artisanaux en milieux urbains en complément de la politique des rez-de-chaussée actifs

  • Assurer à tous la présence d’un parc structurant à moins de 20 minutes à pied, un espace vert de proximité à moins de 10 minutes, et viser un objectif de 10m² par habitants.

  • Garantir les orientations démocratiques des projets urbains au travers de concertations préalables à toute définition des projets et suivi tout au long du développement des projet (citoyens experts)

  • Développer un outil de portage pour la revitalisation des centre-ville, avec une répartition équilibrée des aménités urbaines en fonction de l’évolution des bassins de vie.

  • Résorber les grandes fractures urbaines en repensant le rôle, l’aménagement et les fonctions des grandes infrastructures routières (périphérique, autoroutes, routes nationales/départementales) 

Respecter le vivant et offrir plus de nature en ville

  • Mettre en œuvre les continuités écologiques avec des rues jardins planifiées à l’échelle du territoire : débitumisation, ensauvagement…

  • Désimperméabiliser les sols et mieux gérer les eaux pluviales : Mettre en place une gestion en surface des eaux pluviales pour favoriser l’émergence de milieux humides urbains.

  • Généraliser à l’ensemble du territoire la “Charte de l’arbre” déjà appliquée à Bondy.

  • Lutter contre les îlots de chaleur en donnant plus de place à la nature en ville.

  • Remettre à plat le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal PLUI (valant Plan de déplacements urbains- PDU, et Plan Local de l’Habitat – PLH) : 

    • Révision annuelle en y rétablissant les zones N supprimées, les couloirs écologiques et les continuités des trames vertes, bleues, brunes du SDRIFF non-respectées 

    • Favoriser la biodiversité avec un coefficient de pleine terre de 30% minimum sur tout le territoire

    • Utilisation de matériaux bio-sourcés et modes constructifs responsables 

    • Développer la place de l’eau dans l’urbanisme nouveau

  • Développer de nouvelles ressources en eau pour pérenniser la nature en ville (voir compétence eau et expérimentation utilisation des eaux grises)

Protéger les plus fragiles, lutter contre la précarité et les inégalités

  • Conditionner la densité démographique à l’existence de transports en commun efficaces et de services publics de qualité

  • Réviser le PLU intercommunal dans un objectif de faire baisser le coût du foncier

  • Garantir l’investissement public dans les opérations d’aménagement pour permettre le portage de politiques publiques ambitieuses et pousser l’exemplarité et les ambitions environnementales des projets urbains

  • Préserver une équité territoriale dans l’accès aux équipements publics, sportifs et culturels

  • Promouvoir l’encadrement des loyers et l’élargissement de l’Observatoire des loyers parisien à Est Ensemble, pour limiter l’augmentation du montant des loyers.

  • Outil de portage habitat social -> Organisme de foncier solidaire (OFS) par exemple, la Coopérative Foncière Francilienne (OFS Coop HLM) = prix maîtrisés 15 à 20% en dessous du marché + TVA à 5,5 %% = 40%. Cela permettrait l’accession sociale à la propriété

  • Développer une offre de logements locatifs intermédiaire

  • Promouvoir les échanges au sein du parc social

  • Augmenter les exigences environnementales sur les modes constructifs en les fixant à -30% par rapport à la future réglementation thermique (RE 2020)

  • Editer un document d’information sur les risques majeurs (DICRIM) à l’échelle du territoire notamment pour le transport ferroviaire.

  • Organiser l’espace urbain pour garantir l’égalité pour tous de l’espace public, et notamment concevoir des espaces publics qui intègrent pleinement l’égalité femme-homme

 

 

  1. Pour une politique ambitieuse de transition énergétique

Dans la continuité du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) élaboré et porté par Mireille Alphonse, nous devons agir sur tous les leviers permettant d’attendre l’objectif de neutralité carbone en 2050, soit une baisse de 3% à 4% d’émissions de GES par an d’ici 2030. Il s’agit d’embarquer dans la démarche Climat Energie toutes les villes du territoire pour les faire bénéficier de la dynamique suscitée par la finalisation du PACET et l’obtention du label Cit’Ergie de l’ADEME.

Nous proposons de :

  • Lancer d’un programme pluriannuel de rénovation énergétique des bâtiments, avec une priorité donnée aux équipements publics (avec un grand plan de rénovation des écoles du territoire).

  • Investir massivement dans le solaire photovoltaïque et accompagner les coopératives citoyennes de production d’énergie : 1/3 des écoles productrice d’énergie d’ici 6 ans.

  • Poursuivre le déploiement des réseaux de chaleur en géothermie profonde ; développer à plus grande échelle la coopérative Electrons Solaires. Demander à ce que les villes portent sur leurs territoires son déploiement et qu’elles s’engagent à proposer des dizaines de toitures sur leurs parcs.

  • Déployer à grande échelle le dispositif “Ensemble pour l’énergie” de lutte contre la précarité énergétique. Mobiliser les IUT, les centres de formation, les lycées professionnels pour former de jeunes ambassadeurs de lutte contre cette précarité.

  • Mettre en place de la ZFE : obtenir la création de “guichets uniques” sur nos territoires pour faciliter le changement de véhicules. Objectifs : réduire le nombre de véhicules individuels, déployer du covoiturage, abandonner les vieux véhicules polluants (notamment pour les TPE – PME qu’il faut accompagner).

  • Se mobiliser au plan national pour obtenir la couverture de l’autoroute A 3 sur Bagnolet / Montreuil / Romainville. Travailler avec les niveaux métropolitain et régionaux pour obtenir une déviation du trafic lié au transport routier bien en amont du périphérique parisien.
    Objectif : améliorer la qualité de l’air dans nos communes. Travailler avec le niveau européen pour pousser le fret ferroviaire. Renforcer au niveau local les solutions de logistique “des derniers kilomètres” par vélos cargos.

  1. Pour une gestion plus efficace et plus écologique des déchets

  • Promouvoir la fin des plastiques à usage unique au sein d’Est Ensemble (objectif 2025 au lieu de 2040 comme prévu à l’échelle nationale).    

  • Améliorer le taux de réduction/valorisation/recyclage des déchets et faciliter la collecte des déchets informatiques, piles, ampoules… avec des lieux dédiés bien repérables. 

  • Instaurer une tarification incitative à la réduction des déchets : passage d’une Taxe Ordures Ménagères (TOM) à une Redevance d’Enlèvement des Ordures Ménagères (REOM).    

  • Lutter contre le gaspillage alimentaire en participant à la mise en réseau des producteurs et distributeurs (supermarchés, magasins) avec des associations.    

  • Élargir la collecte sélective des déchets par Est Ensemble aux bio-déchets, avec la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) pour la collecte des biodéchets à grande échelle dans l’habitat vertical.

  • Un Plan stratégique d’économie circulaire pour améliorer le recyclage des déchets valorisables (en lien avec les éco-filières) comme dans le secteur du bâtiment. 

  • Soutenir et développer les recycleries et ressourceries sur le territoire.

  • Améliorer la collecte des déchets industriels, prévoir des possibilités de stockage et s’assurer que la législation soit bien respectée par tous les concernés (entreprises, commerces, artisans), généraliser l’économie circulaire des matières secondaires.

  • Impliquer plus fermement les bailleurs dans la gestion des déchets.

  1. Une évolution des politiques de développement économique et social

Nous proposons notamment de :

  • Diversifier les leviers d’attractivité du territoire et assumer une stratégie de développement endogène, qui parte des ressources locales et réponde aux besoins du territoire. 

  • Promouvoir les nouveaux modèles entrepreneuriaux et l’innovation sociale (ESS, SIAE, sociétés coopératives)

  • Développer le recours aux clauses d’insertion pour favoriser l’emploi local et la reprise d’activité de publics éloignés de l’emploi

  • Soutenir les filières de “l’économie verte” : l’éco-construction (pour l’efficacité énergétique), l’économie circulaire, l’agriculture urbaine et paysanne (AMAP), l’entrepreneuriat Nord/Sud, les énergies renouvelables et l’économie collaborative (échange de biens et services). 

  • Organiser des Assises du développement d’Est Ensemble pour faire vivre et adapter régulièrement le Schéma de développement économique de l’EPT aux évolutions du territoire. 

  • Accompagner les entreprises dans leur démarche RSE. Demander aux grands groupes présents sur le territoire d’agir localement pour l’urgence climatique et sociale.

  • Mettre en œuvre le dispositif Zéro Chômeur de Longue Durée initié par ATD Quart Monde, avec des Entreprises à But d’Emplois dans les quartiers prioritaires.

  • Soutenir le développement de la monnaie locale la Pêche, utilisée à Montreuil et Paris. Cette monnaie est complémentaire et sera mise en place dans les services publics de l’EPT.     

  • Développer les circuits courts, notamment avec un plan alimentaire territorial qui engage le territoire dans un plan massif d’agriculture urbaine et invente la régie citoyenne de la restauration collective (demander mobiliser le tissu associatif et les entreprises de l’ESS pour relever à la fois le défi de l’alimentation durable et de l’insertion via les métiers de la restauration).
    Il s’agira notamment de soutenir l’agriculture bio dans la région, en organisant des filières d’approvisionnement de proximité avec les agriculteurs franciliens.

  • Structurer une véritable filière d’excellence en terme d’économie circulaire et de réemploi. Passer des expérimentations actuelles à une généralisation : Recours au réemploi de matériaux sur tous les chantiers, pré collecte des “encombrants” en bon état pour revalorisation avant de les faire entrer dans la filière des déchets…)

  • Améliorer la logistique urbaine pour diminuer substantiellement les flux de camions dans le territoire. Proposer une charte territoriale de la logistique durable à faire signer par l’ensemble des opérateurs (obligation par exemple de distribuer par véhicule propre).

  1. Passer la vitesse supérieure pour les mobilités durables

La compétence et la délégation Transports et Mobilité n’ont pas vraiment été investies à Est Ensemble, qui en a pourtant la compétence à travers le Plan Local de Déplacement (PLD). L’enjeu que nous avons identifié est de garantir la continuité des mobilités (vélo, piétons, TC) et les interconnexions.

Nous proposons de :

  • Organiser les offres de transports alternatives à la voiture individuelle pour sortir progressivement des mobilités carbonées 

  • Pour cela, développer une vraie Stratégie Vélo, avec 

    • un volet “aménagement” : stationnement vélo, interconnexions des pistes cyclables conçues par les villes, soutien au réseau Vélopolitain avec 2 ou 3 axes transversaux reliant les communes d’Est Ensemble

    • un volet soutien à la pratique du vélo avec un programme “Savoir rouler” d’éducation au vélo (comme le savoir nager dans les piscines).

  • Réduire les exigences de places de stationnement à proximité des transports en communs lourds (TZEN, métro, Tram, RER) et accompagner/encourager les ménages qui se séparent de leur véhicule individuel

  • Encourager les initiatives de véhicules partagés pour les personnes pour qui les offres de transport en commun et le vélo ne sont pas adaptés

  • Étudier et renforcer l’offre de transport en commun transversale entre les villes d’Est Ensemble en complément des projets déjà engagés, en particulier dans les quartiers excentrés ou qui n’auront une station de métro ou du Grand Paris Express que dans plusieurs années.

  • Etudier un nouveau plan de circulation à l’échelle territoriale pour protéger les quartiers résidentiels des flux de transit routier

  • Des parkings relais à proximité des transports ferrés à l’entrée du territoire

  • Coordonner la réflexion à l’échelle du territoire sur la transformation du périphérique et des autoroutes. 

  • Nous proposons également d’étudier et mettre en débat le transfert de la compétence Voirie (“génie urbain”) à Est Ensemble afin de penser toutes les mobilités terrestres à l’échelle du territoire et développer plus facilement le réseau cyclable intercommunal

  1. Gagner la bataille de l’eau, partager ce bien commun !

  • Création d’une Régie publique de l’eau propre à Est Ensemble comme alternative au SEDIF, dans la continuité des luttes citoyennes et écologiques depuis dix ans. Pour son approvisionnement, nous sommes contre l’achat de 100% de l’eau au SEDIF.

  • Développer des moyens de production propre pour tendre vers l’autonomie et la résilience du territoire

  • Mise en place d’une tarification sociale de l’eau à travers la Régie publique (ex. Métropole de Grenoble)

  • Fontaines publiques d’eau potable, pour remettre l’eau au centre de la ville.

  • Lancer/soutenir des expérimentations sur l’utilisation des eaux grises (lavabos, douches, éviers) pour le nettoyage de voirie, arrosage public… afin de faire face à l’augmentation des sécheresses liées au dérèglement climatique

Nous détaillerons bientôt nos propositions pour les équipements sportifs et culturels, la politique de la ville, la coopération décentralisée et les mesures portées conjointement par les écologistes à l’échelle de la Métropole du Grand Paris.

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