Nous avons dû pousser les tables, puis nous asseoir dessus pour tous tenir dans le réfectoire du centre de loisirs Jules Verne. Autrement dit, il y avait plus de 80 personnes à notre quatrième rencontre de quartiers.

 

 

Si les militant·es de Montreuil, l’écologie aux responsabilités, notamment les colistier·es vivant à Boissière, Signac ou Ramenas étaient au rendez-vous, la majeure partie des personnes présentes étaient des habitant·es non engagé·es, mais intéressé·es et concerné·es par les thèmes et le ton de la campagne pour l’écologie aux responsabilité.

C’est Mireille Alphonse qui a brisé la glace avec une première question, aux habitant·es : comment vivaient-ils/elles les transformation en cours de cette partie du haut Montreuil, entre les travaux de la ligne 11 de métro, le chantier du Tram, la fermeture de l’autoroute, et la zone d’aménagement concertée Boissière Acacia avec ses nouvelles constructions. Ces nuisances sont souvent perçues comme des maux pour un bien, avec la perspective de l’arrivée imminente des stations de métro et de tram. Arrivée imminente ? Rien n’est moins sûr, et Jo Bessemoulin, membre de l’AMUTC, partage l’état des lieux des chantiers – dont les promesses de délai ne seront pas tenues – et de la concertation, au point mort, avec le Maire, son adjoint à l’Urbanisme et l’adjointe aux transports se renvoyant la balle face à des échéances repoussées. Et quelles solutions pour désenclaver la zone Ruffins Bel-Air Montreau, maintenant que l’on sait que le tram 1 aura pour longtemps son terminus à la gare de remisage dans les Murs à Pêches ?

 

 

Face à ces faits Mireille Alphonse a rappelé pourquoi nous avons choisi le nom de liste “l’écologie aux responsabilités” : «Parce que ça suffit de raconter des cracks aux gens. Il faut un discours de vérité. Tous les chantiers de transports lourds en cours à Montreuil prennent du retard. Le tram 1 s’arrêtera à Mozinor. Le discours de vérité c’est celui-là. Pas de dire qu’il arrivera aux Ruffins demain matin. Dire ”c’est pas grave, dans deux ans on aura le métro” est une réponse inacceptable aux difficultés actuelles.» Nous  répondrons à la question de ce que peut faire concrètement une municipalité sur les transports, avec ses moyens. C’est pourquoi nous portons, dans notre programme, des solutions intermédiaires, telles que les navettes inter-quartiers, qui doivent être coconstruites avec les habitant·es sans attendre l’arrivée des transports lourds.

« On a besoin de transport, d’accord. Mes deux jambes et mes deux pieds sont des moyens de transports », Serge Rio, 72 ans, a lié les problématiques de santé et de bien vieillir à notre plan piétons pour Montreuil. « Le vélo ne va pas de soi, certain·es des agent·es municipaux sont, par exemple, en demande de cours de vélo avant de s’y mettre pour leurs trajets quotidiens » complète Mireille Alphonse. Nous proposons de reprendre les cours de code de la route dans les écoles et dans les temps périscolaires.

« La croix de Chavaux : Il faut tout reprendre, penser voiture, ok, mais aussi piéton, vélos ! La voiture aura toujours sa place en ville, mais une dame âgée doit pouvoir traverser un carrefour à pied sans avoir peur ! On doit aussi davantage penser l’espace urbain pour les personnes en situation de handicap. Quand la ville est pensée sous cet angle elle devient plus agréable pour tou·tes . »

La question suivante a porté sur les enfants et la jeunesse. Et donc sur l’avenir et les perspectives des habitant·es majoritaires de ces quartiers : les jeunes. Comment éviter la rue quand «on nous enlève des lieux » ? On peut favoriser l’ouverture des lieux publics, notamment les écoles, en les responsabilisant. Car selon Nadia Belaala « les jeunes ont besoin de se construire, de s’ouvrir, pour ne pas être capté·es par les forces obscures. Il faut les aider à aller vers l’âge adulte en les accompagnant avec des outils d’éducation populaire. »

« L’autogestion, je n’y crois pas. Le bénévolat complet, je n’y crois pas » Pour Maïmouna, habitante du quartier, l’utilisation des bien publics est indissociable de responsabilisation et donc de mise à disposition de moyens publics, et d’encadrement public réel.

Fairouz Bentoucha a évoqué la pratique sportive et en particulier celle des arts martiaux, notamment à destination des jeunes filles et femmes, qui peut être un véritable facteur d’émancipation sociale.

Pour Jean-Roch Bonnin, « ce qui nous tiendra à cœur en début de mandat sera de remettre de l’écoute et de la démocratie à Montreuil » et cela ne coûtera pas des millions!

 

 

Cette rencontre a été l’occasion de présenter deux propositions clés du programme concernant la démocratie locale :

les tables de quartiers, qui permettent par l’écoute des priorités des habitant·es de hiérarchiser les actions publiques et de porter à l’agenda des revendications locales (ces tables peuvent permettre par exemple d’identifier les points durs en termes de sécurité piétons) ;

– la commission du temps long, instance regroupant le conseil des jeunes et le conseil des aîné·es permettant, sans pression d’agenda, de répondre à la question de savoir quelle ville nous voulons pour le futur.

Cela supposera un bon encadrement mais « Montreuil ne part pas de rien en terme de médiation sociale », affirme Rachid Zrioui « avec des médiateurs mieux formés et plus nombreux nous pourrons développer ces tables. »

Un habitant a alors recentré les échanges en appelant à un propos plus concret : la question de l’avenir, du sien et de celui des jeunes passant par l’accès à la formation et à l’emploi avant tout.

« Transformer Montreuil pour la rendre vivable face aux dérèglements climatiques nécessitera des emplois, qualifiés ou non, mais spécifiques et non délocalisables, dans le domaine de la transition écologique et énergétique. Il nous faut rendre ces emplois accessibles aux habitant·es des quartiers » indique Bruno Rebelle. Un volet de développement économique qui est central dans le projet de l’écologie aux responsabilités.

« Mon fils attend depuis plus de 10 ans un logement social ! ». Comment réduire le temps d’attente ? Notamment en améliorant la mobilité et le partage par collocation. Djamel Leghmizi propose de libérer des surfaces en aidant au déménagement les locataires âgés. Il faut de plus revenir à une réelle transparence sur l’attribution des logements. En complément du logement social, Anne D’Orasio a développé la proposition de création d’un réseau de propriétaires solidaires au sein du parc privé.

Le thème des violences a été plusieurs fois évoqué durant la rencontre : violences faites aux femmes, avec le drame du meurtre de Mariama à la cité de l’Amitié, violences routières, mais surtout violences sociales, bien décrites par une habitante qui exprime son désarrois face au constat que les rares lieux de création et d’expression artistique des quartiers populaires sont parfois principalement utilisés par les jeunes du bas Montreuil aptes à s’approprier le capital culturel. Un exemple concret de ce qu’on appelle la gentrification, parfois à tort et à travers, mais qui est ici exprimé avec sens et expérience.

Au sujet du théâtre des Roches, Diane Chavelet propose de rénover et développer ce lieu tellement sous-utilisés afin d’en faire un lieu de scènes ouvertes qui pourrait être la base d’un festival de création. Cette proposition a été très bien accueilli par les jeunes présents à la rencontre.

Mireille Alphonse a conclu en prenant un engagement: en tant que future Maire « On sera là encore après l’élection, dans les quartiers, avec les habitants, parce qu’on n’y arrivera pas isolés dans la tour d’ivoire de la Mairie ».

Rendez vous la semaine prochaine au Bel Air, jeudi 27 février, salle Mathilde Schyns à partir de 19h.

hdrpl

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